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blog sur la pêche sportive aux leurres !
Ya ka manier...
La pêche aux leurres du Sandre en Seine
Publié par : Christian

Un déclic ?

« Mais Papa, si la feuille n’est pas dans l’eau, les  truites ne vont pas la manger !? » … « Ne t’inquiète pas, elles sauteront hors de l’eau pour l’attraper ! »

La scène se situe au Val d’Ajol, dans les Vosges, mon père m’avait fabriqué une canne à pêche avec une branche, une ficelle et une feuille attachée. J’ai 3 ans environ et bien entendu pas de souvenir, ce sont mes parents qui m’ont raconté cette anecdote. Ils étaient étonnés qu’un si jeune garçon, un peu turbulent, puisse rester sans bouger pendant plus d’une heure au bord de l’eau pendant que mon père pêchait des truites au toc et que ma mère gardait sans doute un œil sur moi. Peu de temps après dans l’Ardèche je prenais ma première friture avec ma mère qui accrochait sur l’hameçon de petites larves trouvées sous les pierres et décrochait pour moi les petits poissons. Et je voyais mon père plus loin pêcher des chevesnes en sèche. Vers 5/6 ans sans doute j’ai pris de l’autonomie et j’ai tout de suite quitté les courants pour prendre, et là je m’en souviens, un énorme chevesne de … 15 cm sans doute ! Aujourd’hui, à 63 ans, je me lève d’un bond à 5h00 du matin pour pêcher et il m’arrive de courir pour rejoindre mon post. Je peux rester une heure devant un remous ou une mare pour guetter le moindre mouvement d’un poisson. J’aime la pêche même si aujourd’hui, je ne pêche plus quand le fil gèle dans les anneaux ou qu’un orage arrive, ou qu’il pleut, je vieillis quand même mais la passion reste intacte.

Alors, on va dire que j’aime pêcher parce que mon père pêchait … oui sans doute, cela donne envie d’essayer mais pas forcément de persévérer. Et puis, dans mon cas, ce n’est pas lui faire injure que de préciser que mon père était plus préoccupé par mon parcours scolaire que par mes qualités de pêcheur. Il a dû y avoir un déclic, mais lequel et quand ?

Un mystère ?

En fait, je crois que je suis fasciné par le mystère de l’eau, des poissons et des surprises que pêcher génère. Ah les poissons, que l’on voit ou pas, qui vivent dans un autre monde que le nôtre, à la fois sauvages et tout proches. Ces chevesnes à qui l’on propose une sauterelle à la surprise et qui gobent ou pas et c’est pareil en sèche, ces carpes que l’on devine et qui vont jouer avec l’appât et nos nerfs, ces perches capables de devenir folles pendant 15 mn et ignorer le plus beau leurre souple pendant des heures. A chaque prise, il y a un sentiment de victoire, alors que c’est surtout l’humilité qu’il faudrait cultiver devant ces êtres si incompréhensibles. Un jour je pêchais à la mouche avec de l’eau jusqu’à la taille et je vois arriver 5 ou 6 grosses masses sombres vers moi … des carpes de 5 à 10 kg environ ; je suis resté figé, elles sont passées tout près et l’une carrément entre mes jambes ! Quand elles sont parties, je suis sorti de l’eau et j’ai arrêté de pêcher de longues minutes tellement j’étais impressionné. C’est aussi pour ce genre de circonstances que j’aime la pêche comme cet énorme chevesne à jamais raté dont je raconte l’histoire dans ce blog, ce très beau brochet pris avec un micro spinner (et merci encore à Fabrice et Salmo pour leur aide) ou ces black bass qui n’attaquaient rien sauf des têtards et que j’ai sortis à la file avec une petite Mepps noire cerclée de doré et même cette couleuvre prise malencronteusement en pêchant à la mouche et que j’ai réussi à décrocher après qu’elle m’ait vomi 2 petits goujons sur les doigts. En fait ce qui me fait vibrer, c’est la surprise, l’incertitude, c’est sans doute pour cela que j’ai abandonné par exemple la pêche à la friture, trop répétitive et qui ne présente aucun intérêt quand on pratique le no kill. En fait j’aime toujours me dire que je vais peut-être faire un gros poisson ou un poisson inattendu ou … pas de poisson du tout comme le soulignent certains taquins qui me connaissent.

La nature !

Mais il n’y a pas que les poissons, il y a toute la nature qui va avec et voir une rivière se lever c’est toujours un spectacle fascinant qui détourne bien souvent mon attention. Dans ces cas-là, je suis vraiment seul au monde et voir peu à peu la vie reprendre ses droits de façon si exubérante au lever du jour, c’est tout simplement magique! Les castors rentrent se coucher, les grenouilles démarrent avec le premier rayon du soleil qui les atteint, les lézards et les mulots courent dans broussailles, les martins pêcheurs commencent leurs rapides rondes, les hérons se mettent en place, les libellules attaquent tout ce qui vole et des rapaces commencent leur journée à planer. Une fois une biche est venue me rendre visite et de temps en temps c’est un faisan qui ne m’a pas repéré. Bon tout cela c’est dans l’Ardèche mais la Seine aussi apporte de beaux moments en région parisienne du moins en dehors de Paris intramuros.

Les amis !

Il y a aussi la convivialité à la pêche. J’y suis venu fort tard, ayant toujours préféré pêcher seul. J’ai changé après avoir rencontré Fabrice et Salmo qui ont l’art de transformer toute partie de pêche en grand moment de convivialité. Des amis d’Internet qui deviennent de vrais amis c’est rare et cela mérite une petite anecdote. Un jour je pêchais en Seine à quelques mètres de Fabrice, pas content de rater des touches. Je lui demande ce qui se passe et il me dit « ce sont des petits sandres, je vais changer de montage ». Comme dit Salmo on ne contredit pas La Légende … mais en moi-même je me suis dit qu’à 30 mètres du bord et par 6 mètres de fond, il y avait de quoi douter de son analyse. Bref cinq minutes après, Fabrice revenait avec un nouveau montage et au deuxième lancer sortait … un petit sandre !

Et vous ?

Il est temps de conclure, d’autant plus que, si j’ai évoqué quelques pistes, je ne suis pas persuadé d’avoir trouvé une vraie raison d’être toujours autant passionné par la pêche en ce qui me concerne tout au moins. Peut-être que vous vous êtes aussi posés cette question et avez d’autres réponses ?

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commentaires

F
la pollution des eaux française a ete favorable au développement du no-kill.
il faut dire que manger un poissons de nos rivières mérite réflexion de nos jours non pas pour la survie de l’espèce aquatique mais bien pour la notre.
le bon cote du no-kill c'est que maintenant il n'est plus rare de faire de beaux poissons et que le poisson d'une vie de pecheur, le poisson rêvé d'un pêcheur n'est plus un rêve irréalisable mais bien a la porté de tous.d'ailleurs il est devenu impossible de regarder des retours de peche sur un forum (quel qu’il soit) sans un poison approchant le mètre voir le dépassant chose pratiquement impossible il y a moins de 20 ans.
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P
pour la pollution au pcb j'avais fait un article ou je mettais des liens des recherches effectués sur ce sujet

http://pico92.over-blog.com/article-pollution-au-pcb-tout-ce-qu-on-vous-cache-a-fait-peur-50562538.html

c'est effrayant ! meme la mer est touché , les fleuves chargés de polluant se jettent en mer , a l'embouchure de le havre par exemple la pêche a pied est interdite , les crabes et crustacés sont chargés en pcb .......bref c 'est pas demain qu'on aura de l'eau pure .....!
P
a propos du no kill j'en avait fait un article qui date de 2013 et qui est encore plus d'actualités ......http://pico92.over-blog.com/article-26641386.html
G
C'est un très beau récit que tu nous fais là. Et qui devrait parler à beaucoup car nous sommes nombreux, je crois, qui devons à la transmission paternelle notre amour de la pêche. Pour ma part, la vie m'a longtemps tenu éloigné de la pêche, mais j'ai bien l'intention de m'y remettre maintenant que l'heure de la retraite a sonné. Le problème qui se pose à moi, c'est que le monde de la pêche a changé. J'ai vraiment un problème avec ce qu'on appelle "la pêche sportive" et la mode du no kill (je préfère parler de mode car pour moi ce n'est pas une philosophie). Étant gamin, je pêchais surtout la friture et notamment le goujon. Et le poisson, on le mangeait, avec grand plaisir. Mon père, lui, pêchait le brochet. Et comme c'était un mauvais pêcheur, qui pêchait avec du matos surdimensionné, je peux vous dire qu'on n'en a pas vu beaucoup des carnassiers. Le plaisir, c'était qu'il nous emmenait à la pêche, et donc qu'on était avec lui, loin du giron de la mère. Faut dire que mon père faisait les déplacements et donc, on ne le voyait pas souvent. Bref, la question du no kill ne se posait pas en ce temps là. Ce qui me trouble, avec "la pêche sportive" et donc le no kill, c'est que j'ai l'impression que le poisson est devenu le simple objet de notre plaisir. Ce qui me dérange, c'est peut-être la disparition du côté prédateur qu'on avait quand on prenait du poisson pour le boulotter. J'ai bien conscience qu'aujourd'hui on n'a plus besoin de pêcher pour manger. Je sais aussi qu'avec la pollution des rivières, c'est pas raisonnable de trop manger de poissons d'eau douce. Il n'empêche que j'ai l'impression, avec la pêche moderne, d'avoir perdu quelque chose et j'ai la nostalgie d'un temps qui ne reviendra pas, hélas.
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G
L'essentiel, c'est qu'on se retrouve pour se défendre contre ceux qui sont de véritables intégristes de la protection animale et qui veulent interdire la pêche à Paris (avant de vouloir l'interdire partout ailleurs, soyons en sûrs). À ce sujet, je connais Danièle Simonnet, que j'ai déjà sollicitée sur des questions sociales. C'est quelqu'un de bien, je pense qu'elle se trompe sur la question de la pêche. Si j'en ai l'occasion, j'essaierai de lui parler de ce sujet. Il serait d'ailleurs peut-être judicieux, pour répondre aux écolos bobos et aux politiques qui les suivent, de répertorier de notre côté tous les argument en faveur de la pêche. Vous pourriez mettre tous les lecteurs du blog à contribution.
Merci Gilbert59! Il ne faut pas trop se prendre la tête avec le nokill. Je suis un intégriste mais juste pour moi. Si un pêcheur consomme raisonnablement une espèce maillée et non protégée, c'est chacun son truc!
L
Merci Christian.

On commence plus que bien l'année avec ce texte qui nous parle à tous :)
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Merci Loutre adipeuse!
N
Nombreux sont ceux parmi nous cherchant à expliquer l'inexplicable. Perso, je me retrouve complétement dans la pensée de Norman Maclean, à la fin de son magnifique roman mis à l'écran dans "au milieu coule une rivière"...
Voici cette pensée qui se suffit à elle même, et finalement m'apporte la réponse que je n'ai pas...

"A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge, elle recouvre les rochers d’un élan surgi de l’origine des temps. Sur certains des rochers, il y a la trace laissée par les gouttes d’une pluie immémoriale. Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont l’émanation des rochers eux-mêmes."
Je suis hanté par les eaux."
Répondre
C
Pas mieux ;)

PICO 92 - Pêche sportive aux leurres à Paris, la Seine

Ce blog est consacré a ma passion, la pêche d'un poisson fabuleux, le sandre ! Et a une technique exaltante, la pêche aux leurres souples ! Ce blog a été créé pour faire partager ma passion pour la pêche du sandre aux leurres souples et de faire découvrir la pêche sportive, mais aussi d'en faire un lieu d’échanges et de conseils. Mon secteur de prédilection, Paris et la Seine...

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